Ce volet du livre parle de l' Oranie à travers un poème de Jocelyn Perpignan...

Jeudi 12 avril 2007: 45 ans déjà…

Depuis le temps que j’en rêve, depuis le temps que j’en parle…eh oui Oran n’est plus très loin de moi.

Je l’ai quitté en juin 1962…je vais la retrouver 45 ans après en juin 2007 !

Ma ville m’attend, et j’ai hâte de me jeter dans ses bras. Tout comme moi elle a vieilli, elle a changé, mais elle est toujours aussi bouillonnante dans ma tête. Elle a grandi, elle s’est beaucoup étendue, mais peu importe…je vais retrouver celle qui a bercé mon enfance et une grande partie de mon adolescence, je vais la regarder avec passion, avec un amour indéfinissable car « même ridée, l’étincelle de la beauté est toujours au fond de l’âme ».

Oran, ville de mon histoire, fière et tendue vers la Méditerranée, tu es toujours la plus belle pour moi…j’ai fait un nombre de fois incalculable le parcours de nos retrouvailles, en prenant soin de ne rien oublier !

Je sais que dès mon arrivée, j’irai là où j’ai vécu…le boulevard Marceau et ce numéro fétiche : 19.

Ça va être très chaud, émotion garantie, mais que ça va être bon de revenir chez soi ! Ça semble à peine croyable, mais je ne suis pas encore arrivé et je sais déjà que je reviendrai ! Je ne remercierai jamais assez ceux et celles qui participent à cette renaissance : Nacera et Malek Boudraa avec lesquels nous avons fait chauffer la webcam !, Omar Benzzedine grand initiateur du site des anciens du lycée Pasteur- Lamoricière, Amine, Djamil, Paz, Soltanaf, Fanfan, qui comme moi ont usé les bancs des classes.

Et puis une pensée toute  particulière pour mon père qui ne va pas me quitter d’une semelle pendant le séjour.

Samedi 14 avril: poème...

Ils sont nombreux à avoir écrit des poèmes sur l’Oranie. Celui de Jocelyn Perpignan a retenu mon attention et libéré beaucoup d’émotion…

RIVAGE  D’ORANIE                                     

Assis sur un rocher j'écoute bien souvent - L’enivrante chanson de la Mer et du vent.

La mer est à mes pieds, si bleue, belle et immense - Qu’elle me fait rêver : je la regarde et pense.

Elle étanche ma peine en douceur et sans peine - Quand parfois j’épanche ma douleur et l'entraîne !

Un vague murmure venant des vagues, oh ! - Infini et vivant petit clapotis d'eau.

Monotone et prenant est son refrain qui traîne, - C'est la douce chanson d’invisibles sirènes.

Mais je regarde au sud, au-dessus de l’écume, - Une terre là-bas, apparaît dans la brume.

Cette mer caressant la côte d’Algérie - Vient rouler les galets de mon pays chéri.

C’est ma terre natale et c’était ma patrie :- Pour elle je n’avais que de l’idolâtrie !

C’est mon « Île » perdue, loin de moi, éthérée,- Ne sachant toujours pas si je la reverrai.

J’ai tout laissé là-bas, mes plus belles années- De l’autre côté de la Méditerranée !

Malgré qu’il m’ait trahi, malgré qu’il m’ait banni,- Je n’oublierai jamais mon pays d’Oranie.

Je n’oublierai jamais cette ville d’ORAN- Pour tous mes souvenirs, un hommage lui rends.

Je n’oublierai jamais son merveilleux rivage- Que j’ai souvent longé, à pieds ou à la nage :

De la ‘Pointe d’Aiguille’ aux criques de ‘kristel’,- Des genêts du ‘Cap Roux’ au plat de ‘Canastel’ ;

Des Falaises d’Oran aux mains de ‘Notre Dame’- Protégeant le ‘Vieux Port’ où j’ai fait de la rame ;

Du haut de ‘Santa Cruz’ aux jetées de "Kébir"- Enserrant dans ses bras sa rade et ses navires ;

Du "Fort de l'Escargot" au "Rocher de la Vieille"- Où le point de vue est une pure merveille :

La Corniche en lacets sur la route des plages,- Le chemin du bonheur, du soleil, du bronzage ;

Je n'oublierai jamais cette vue maritime :- Sa côte découpée dans sa beauté sublime !

Du sable de ‘Trouville’ humecté par la mer- Où le soleil et l’eau se mariaient à la terre ;

Des plages ‘d’Aïn el Turk’, au bout du ‘Cap Falcon’,- De ses sables dorés frôlés de mon balcon ;

De ses fenouils de sable aux asperges du Phare- Qu’un jour m’y promenant, j’ai trouvées par hasard !

Et puis ‘les Corales’, aussi ‘les Andalouses’,- Et toi belle ‘Île plane’ que la mer épouse !

Et vous ‘Les Habibas’ en face du ‘Cap blanc’,- Vous reverrai-je un jour et pour tout dire : quand ?

Alors ces souvenirs qui viennent m’assaillir- Me font tergiverser : l’aimer ou la haïr ?

Car ayant tout perdu, de tout mon paradis,- Il ne me reste plus que son nom : ORANIE !

à suivre...