Nous sommes nés tous les deux dans ce qui était  à nos yeux le plus beau pays du monde ! (oui un peu chauvin !)...Nous sommes nés tous les deux dans ce qui était la plus belle ville du monde: Oran...

Pour des raisons opposées nous sommes partis un beau jour....Moi le coeur en larmes par la force des choses, et toi pour un avenir meilleur semble t-il...

Les années ont passé, le temps a fait son oeuvre à la fois sur nos vies respectives, mais aussi dans ce besoin de retrouver "quelque part" certaines de nos racines...

Les souvenirs de notre jeunesse, de notre insouciance, sont au fil du temps remontés à la surface, devenant même omniprésents en ce qui me concerne, tournant à l'obssession, non pas de revenir en arrière (quoique !! ), mais de revenir "chez moi"...

Ce rêve a été exaucé en 2007 (11 ans déjà !) et c'est le coeur léger que je suis retourné "là-bas"....De l'émotion à revendre, du plaisir partagé avec des oranais, bref "le voyage qui fait du bien" et qui me donne l'impression d'avoir retrouvé une certaine sérénité...

Les années s'égrainaient, et par l'intermédiaire d'un réseau social bien connu, j'ai tissé des liens d'amitié avec des oranais vivant en France, d'autres vivant en Algérie...Des amitiés sincères, respectueuses, contenues par rapport à certains sujets brûlants...

Ma vie continue son petit bonhomme de chemin, et là aujourd'hui, maintenant je dis un grand STOP à cette souffrance inutile, dévastatrice...et je ferme ce livre qui n'a cessé en fait à travers ses pages de raviver cette douleur permanente !

J'ai franchi le pas, non pas de mes amitiés "oranaises" mais de cette histoire que j'ai cru maîtriser et qui pourrissait ma vie !

Aujourd'hui, un poids immense s'en est allé....

Ce poids toi tu le portes toujours comme un fardeau, de par ton histoire , de par ton origine, de par cette sensation déagréable qui transpire à travers tes écrits, tes photos, de cette difficulté à rentrer dans ce moule " sociétal "que tu as pourtant appelé de tous tes voeux, dans ce pays où tu te sens étranger....Tu te raccroches à ta famille (normal et indispensable) à tes amis d'ici et de là-bas, mais ta détresse est permanente. Elle se double d'un sentiment de culpabilité envers un environnement que tu tentes d'adoucir, de justifier, mais cette Algérie elle aussi, n'en a que faire semble t-il de tes états d'âme. 

Tu sais, ami oranais aujourd'hui je ne renie rien de mes origines, mais d'avoir "expulsé" ce ras le bol, cette fuite en avant m'ont fait un bien énorme et m'ont réconcilié avec moi-même (n'est-ce pas là l'essentiel?).

Tu es certainement plus en difficulté que moi, parce que tout ce que tu as construit ici te semble de plus en plus lourd à porter, et tellement éloigné de ce que tu espères retrouver quand tu poses les pieds sur ta terre natale.

L'Algérie "vue d'en haut" est toujours le plus beau pays du monde...Oran vue d'en haut est toujours la plus belle ville du monde !

Là-haut, on est loin de la réalité, de la vraie vie, de ce que l'on voit quand on creuse en profondeur...

Aux dires de nombre de gens de "là-bas" la réalité est toute autre....Les forces vives veulent partir et ceux qui restent n'y croient plus guère, même  "bien assis", car ils ont dû faire preuve d'un courage extrême pour surmonter les difficultés!.

Voilà mon ami oranais ce que je voulais dire, te dire, mais sache que dans toute cette histoire, l'amitié reste un bien précieux et toujours utile, quoiqu'il arrive !